TROMPE L 'ŒIL MURAL

TROMPE L’ŒIL MURAL

Brunelleschi filippo

Filippo Brunelleschi ( 1377-1446 ), vous connaissez ? Lui, certainement pas ! Mais son œuvre peut être. Parmi les grands visionnaires de la Renaissance Italienne il demeure largement inconnu. Et pourtant il fut orfèvre, peintre, sculpteur et architecte de génie. Pourquoi n’est-il pas connu ? En raison de son nom assurément, un nom un peu difficile à retenir ou un peu trop quelconque et vous ne passez pas à la postérité. C’est pourquoi Wolfgang Gottlieb Mozart a accepté avec joie une Italianisation de son nom, Amadeus c’est plus classe que Gottlieb, par contre ce nom s’adapte très bien si l’on se voue à une carrière de dessinateur de bandes dessinées humoristiques. Hommage discret mais sincère à Marcel Gottlieb qui vient de quitter les réalités terrestres dont il avait si bien décrit les cocasseries. Marcel Gottlieb transforma son nom en Gotlib

Gai luron www fresques trompeloeil be

Donc si je vous parle ici dans ce blog à propos du trompe l’œil mural de Brunelleschi, c’est qu’il est l’inventeur de la perspective, ce n’est pas rien, mais ce qu’il y a d’incroyable c’est qu’il a inventé la perspective et un moyen innovant afin de construire le dôme de Venise. Moyen architectural à briques autoportantes ne nécessitant nullement les échafaudages de bois comme ceux qui étaient nécessaires dans l’édification des cathédrales gothiques. Il est dit que l’utilisation de tous les arbres d’Italie n’eut pas été suffisant pour construire cet échafaudage tant le dôme de Florence était haut et large.…

Bruneleschi dome de florence ext

Bruneleschi dome de florence

La construction des cathédrales modifia le paysage des pays chrétiens ouvrant des terres à la culture. Les échafaudages se dénommaient les « forets » c’est tout dire. Donc 80 années avant la découverte des Amériques en 1412, F. Brunelleschi élabora une méthode de perspective relevant de la sensibilité géométrique artistique et de l’arithmétique. Il inventa la perspective ce qui ressemble à un progrès, puisque c’est devenu notre façon de représenter le réel, notre façon de penser même.

Oui mais, avant ? Avant ce n’était pas mieux… simplement fort différent. Quelques étapes de représentations de la réalité qui modifie notre pensée.

Lascaux,

Ill Lascaux

On peut voir une représentation de l’espace à partir de la taille des animaux. Est grand ce qui est proche, mais est grand aussi ce qui est important. Les aurochs, cette race de taureaux sauvages était gigantesque. Jules César dans de Bellum Gallicum nous dit sa surprise devant ces montagnes de puissance et de muscles de 1,80 m à 2m au garrot soit 50 cm de plus que nos plus grands taureaux. Il n’y a pas de petits aurochs en représentation, puisqu’ils représentent la puissance créatrice mouvant l’univers complet. On voit ici des chevaux dans le corps du grand auroch. Ils n’ont pas été avalés par l’herbivore, ils passent derrière lui sans pour autant être masqués, s’ils disparaissent de la vue ce n’est que momentanément. Cela signifie pour eux que l’image fixe est cependant bel et bien en mouvement. À ce propos je vous invite à lire mon expérience de peinture de type Lascaux. Je pensais que c’était extrêmement facile à peindre, il n’est est rien https://www.facebook.com/photo.php?fbid=168971593529905&set=pb.100012511959971.-2207520000.1482409287.&type=3&theater

Le plus dur fut de faire courir les animaux et sortir du statisme académique.

En Egypte point de perspective, les corps eux-mêmes sont représentés selon leur fonction essentielle. Les visages de profil, les épaules sont vues de face, le bassin de profil ainsi que les jambes, il n’y aucune perspective. ; mais chaque élément se lit et s’interprète, le corps est une fraction de phrase, complétant un tableau. La taille des personnages est tout aussi essentielle. Il n’y a pas en Egypte d’esclave, mais des fonctions remplies par acceptation de leurs devoirs. Donc pas de luttes sociales ni de revendications entre les grands et les « petits » chacun est à sa place, selon cette hiérarchie faite d’élite de devoirs.

Ill le grand et ses grands

Il n’est pas rare de trouver des représentations de l’espace qui sont à la fois en plan et en élévations. Ce qui dans le domaine du trompe l’œil mural ne se fait jamais, Mais les Egyptiens eux l’ont fait avec un raffinement absolu et une grande clarté au niveau de la transmission de l’idée.

Ill Jardin sous Akhenaton

Mêler les tailles et les plans fut l’audace des Egyptiens.

 

Les Romains créèrent une représentation de l’espace toute particulière. Ils ont exploré le Trompe l’œil mural de façon progressive en masquant presque par pudeur l’espace qui ne s’ouvrait que sur le dessus du mur, permettant sur des bossages vrais ou faux des imitations de marbres.

I style

Dans le second style la composition se complexifie certes il y a des perspectives montrant des archictetures raffinées, mais il il n’y a pas un tableau général ayant sa propre perspective. Ce qui compte c’est la composition Générale, l’équilibre, l’audace, il n’y a pas de scène centrale, dont tout dépendra. Dans la villa des mystères, le spectateur est comme placé au centre d’une scène qui se déroule autour de lui comme s’il était plongé dans la scène, mais il n’y a pas de perspective.

II style

Le troisième style a laissé choir les éléments perspectifs pour développer des fonds en à plat beaucoup de fonds rouge ou noir sur lesquels de délicats grotesques seront peints, l’espace pictural du trompe l’oeil mural nous invite à considerer l’espace d’abord comme dépouillé de representations ce qui est à tort décrit comme abstrait depuis que Vassily Kandinsky a volontairement mélanger les sens. Il y aura une page de ce blog sur l’abstrait le concret, le non figuratif et le sens de l’image. Ce sera pour après.

III style

Le quatrième style bénéficie de l’expérience des précédents et plutôt que de tourner le dos aux périodes précédentes il les intègre. Ce seront des surfaces en à plat avec des fonds parfois aux couleurs audacieuses, un retour aux éléments architecturaux ayant leur perspective particulière et surtout l’innovation de cette époque sera le tableau central, qui telle une oeuvre sur toile sera fortement travaillée et détaillée comme une oeuvre indépendante et cependant apartenant à l’ensemble architecturé par le peintre décorateur.

IV style

 

La pré-perspective de Giotto et des peintres du quattrocento.

La perspective c’est un seul point de fuite pour toutes les lignes qui sont parallèles et une ligne d’horizon unique pour toutes les lignes appartenant à des plans parallèles. Avec la perspective on représente exactement la réalité telle qu’elle est vue par les yeux et reçue par le cerveau. Avec la perspective le temps est fixé, car un éclairage véridique nous donne selon l’inclinaison des ombres le moment de la journée immortalisé par le peintre. La perspective représente ainsi l’espace en figeant totalement le temps. Donc si la perspective flatte l’œil elle l’inscrit purement dans le vérisme matérialiste empêchant la pensée de découvrir ce qui est caché derrière le réalisme.

 

Noces de Cana

 

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